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Arrivée en Martinique

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Mercredi  23 Mars  18ème jour

 

            Après une nuit peu venteuse, mais noire, très noire, où la lune n’a pas réussi à émettre un brin de lumière entre les différents grains, voilà que le vent vient de se renforcer légèrement. Nous venons de monter à nouveau la grand voile. Moemoea n’a qu’un doux mouvement de balan.

Je suis sur la terrasse, à l’ombre des nuages et dans la brise.

Voilà que je capte, que je m’enivre d’un moment d’éternité devant l’immensité qui de tout temps a été : bleu de la mer, blanc des moutons sous le bleu du ciel et dans le blanc des nuages.

Un jour sur la planète… depuis que les océans existent.

Etre le témoin, en être un témoin de plus, c’est pour ça que je suis là.

 

            Quand techniquement tout est en place, le gréement, le cap, l’horizon libre, alors le regard change, il devient celui du voyageur, celui du peintre, celui de l’enfant, il devient aimanté et la conscience intemporelle.

            Retour au temporel : des dauphins nous accompagnent, le temps d’un instant.

            Retour à la technique, le vit-de-mulet de l’artimon cède de fatigue et des flap-flap de la pétole de cette nuit. Qu’importe, nous n’en avons pas besoin pour arriver.

            Pétole et averses ; nuit fragmentée… comme les deux précédentes. Nous dormons à tour de rôle pour être aux aguets cette nuit.

 

 

 

Le point de 18 h UTC 14°09 N  59,47 W et 114 Mn restants

 

 

 

Il n’est plus temps de dire « attends » !

 

Attends

 

Je n’ai pas eu le temps

 

Le temps d’approfondir, de comprendre, de ressentir

 

Attends

 

« Attends, je n’ai pas fini »

 

Cette dernière petite phrase tombée dans mon oreille, a été prononcée par un enfant de 4 ans découvrant d’un coup, par-dessus les murs de la citadelle de Bonifacio, le détroit séparant la Corse de la Sardaigne. Après une courte pause les parents voulaient repartir mais l’enfant s’est exclamé: « Attends, je n’ai pas fini » !

 

… Une phrase que je préfèrerais entendre de mes clients, à celles de « quand est-ce qu’on y va ? »  « quand est-ce qu’on arrive ? » … « Quand est-ce qu’on mange ? » !!

 

 

Attends, je n’ai pas fini … de voir, d’écouter, de m’imprégner

 

« Attends, Attends » me dis-je souvent à moi-même

 

Pour tenter d’arracher des bribes de cette partie la plus précieuse du temps.

 

 

 

« Attends, je n’ai pas fini »

 

Dis-je aux éléments

 

 

Mais le temps

 et le vent

 nous précipitent maintenant

 

 

 

 

 

 

La nuit de Mercredi à Jeudi

 

 

            Avec les dernières couleurs orangées du soleil sur l’horizon, nous avons vu se découper une toute petite pyramide : Terre ! Ste Lucie à priori. Rien ne distingue notre environnement des autres jours, des autres nuits; à part « ce détail » aussi immense que minuscule. Aussi minuscule que révélateur. « Réveilles-toi, le voyage de noce se termine, tu arrives ».

 

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            Arriver, c’est surtout redoubler de vigilance. Le regard est maintenant là pour prendre information de tout ce qu’il observe et non plus pour se fondre avec. Observer les lumières qui apparaissent à l’horizon, les navires, les phares, les feux, la route, max, le GPS, le radar… le radar ne capte rien, et pourtant, le navire… il s’éloignait tout à l’heure et le voilà qui se rapproche à toute pompe. Il nous oblige à répondre brutalement par un empannage nous coupant la route à ¼ de mille, toute machine lancée… 20 m de long, 2 lumières rouges sur 2 mâts différents pour toute signalisation, rien de plus, et toujours invisible au radar…Heureusement, la nuit est bien meilleure qu’hier, étoilée, aux nuages sans averses. Occupés à repérer les lieux au fur et à mesure de notre progression, nous traversons la nuit avec un vent qui forcit légèrement.

            Les point…, les rochers… les feux… l’écho du sondeur… nous voilà rentrant dans la grande baie du Marin où la profondeur sur des milles ne dépasse pas 6 m. Ici, en plein milieu, nous jetons l’ancre. Nos frontales nous révèlent une eau transparente où l’on voit le fond : le bain pour demain ! - enfin, je veux dire, tout à l’heure car il est 5h du matin.

 

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 Jeudi 24 Mars,

 

            17 jours de navigation, et 17 heures. L’ancre a été jetée à 4 heures du matin au mouillage de Sainte Anne.

            Aujourd’hui, observer, ranger, dormir, laver, observer, dormir.

 


 

Vendredi 25 Mars

 

            Encore laver… le cockpit, avec un bon coup de soleil ; encore ranger, l’accastillage, les tauds… sieste… Encore trop tard pour aller à terre… Nous regardons ce qui nous entoure comme nous avons regardé la mer ces jours ci… il y a autre chose maintenant devant nous… presque un mirage…

 

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Samedi 26 Mars

 

            Enfin : Action terre ! Mais le kayak de Veit n’est pas en état. Zodiac + vélo jusqu’à la ville et la marina du Marin !

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Moemoea vu depuis la plage de Ste Anne. Il est à gauche de l'image (en jaune, à droite du bateau rouge)

 

 

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                                                   De là, l'internet fonctionne comme il peut

 

 

 

 

Arrivés là, nous allons vers le trou à cyclone abriter Moemoea pour la saison pour lui ici... et pour nous permettre de retourner en montagne, retrouver notre travail dans les Alpes

 

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                                         la mangrove, quel calme! mais les moustiques!!!!

 

 

 



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C
<br /> Coucou<br />
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