FORMALITES
Lundi 6 Février
Première chose, les formalités… si on peut appeler ça comme cela ! Jamais elles n’ont été aussi légères, et pas même un tampon dans le passeport. Une feuille des douanes que nous remettons à la Police, et voilà, nous pouvons rester sur l’île aussi longtemps que nous voulons !
La deuxième ville de La Dominique est un très petit village à la rue commerçante unique en front de mer. Nous voilà curieux de ce que nous allons trouver à l’intérieur.
L’AMBIANCE AU MOUILLAGE
Une petite semaine… le temps passe si vite ici aussi !!! :
Mardi 7 Février
Hier soir, deux bateaux ont pris le large trainant leur ancre, les rafales sont toujours impressionnantes, la pluie est de la partie, le temps est très lourd et la météo annonce du 25 nœuds sur l’Atlantique jusqu’à dimanche… de quoi nous laisser du temps pour bricoler sur Moemoea, et pour moi de préparer nos hamac, tente et moustiquaire « 3 en 1 »
Mercredi - Jeudi
Le « bricolage» : Veit fixe le taud transparent sur la casquette pendant que j’installe la machine à coudre avec son moteur pour fabriquer rideaux et toile de protection pour hamac : ma machine tourne pour le moment grâce au solaire et au vent... qui ne manque pas ! Encore de bonnes rafales ! (j’ai l’habitude de travailler en tournant la manivelle de ma machine à la main, mais j’apprécie ce genre de conditions qui remplit vite les batteries et permet de plus grands travaux)
Vendredi 10 Une exploration entre kayak et natation
Exercices de dessin dans le cockpit : depuis que nous sommes ici, malgré le vent, j’ai beaucoup de mal avec la chaleur. De plus, l’eau n’est pas si attrayante (je deviens exigeante !) : les gros nuages la rendent noire, les pluies la rendent moins transparente et le vent peu engageante… Qu’importe, nous sommes pourtant bien là pour profiter de la mer, alors, allons y !
Nous nous faufilons dans nos kayaks rigides et nous dirigeons vers Douglas Bay, au détour de la pointe nord de notre baie. Le vent rend encore aujourd’hui la mer blanche mais notre but est de nager. Nous nous éloignons donc d’un mille et demi et nous mettons à l’eau à la pointe de la baie. Là nous enfilons nos grandes palmes d’apnée et masque, et attachons nos kayaks à la ceinture pour revenir au bateau. Sous l’eau, pas de grande surprise - quelques jolis coraux sur les galets qui jonchent le fond, habitat de petits poissons solitaires ou grégaires… peu de courant. Au dessus de l’eau, au dessus de nos têtes, c’est beaucoup moins paisible, voire tourbillonnant. Des grains passent, se succèdent, toujours devancés d’un bon coup de vent. Ce vent qui tout à l’heure rabattait nos kayaks sur nos têtes, veut les tirer maintenant vers le large. Mais nous nageons.
Nous nous offrons ainsi une superbe séance de natation. Je suis dans mon élément.
Le rythme du mouvement s’impose. La cadence devient fluidité.
Cette fluidité s’abandonne à un temps de glisse pure…
L’eau chaude ajoute au plaisir de la natation. Nous nagons sans combinaison. Mais si je recherche tant cette si douce eau chaude, je résiste mal à la moiteur de l’air extérieur qui a trop facilement raison de mon énergie...
La coque de Moemoea est en vue, je vois maintenant son gros ventre qui se balance dans ce liquide comme s’il était suspendu au dessus du vide… et je me dis encore (comme pour tenter toujours de le réaliser !) que c’est là dedans que j’habite.
Nous sommes partis à l’heure du repas pour avoir le ventre léger, il est maintenant temps de se restaurer.
Samedi 11 IMPRESSIONS A TERRE ET VIE A BORD
Le jour du Grand marché - Plein de bonnes choses, une ambiance très sympathique, des personnes agréables et des chiens dans la rue, comme au Cap Vert ; ils sont gentils, faisant leur vie : pour moi, c’est un signe de la non agressivité des hommes… ais-je raison ?
Après midi; Veit se met à la menuiserie pour parfaite -un peu- le look intérieur de Moemoea … (nous nous étions arrêtés dans nos travaux de reconstruction à un point mi achevé mais opérationnel)
Moi, Je me bats avec ma machine à coudre, sans réussir à la régler pour le tissu de nylon que je veux coudre, ce toit de hamac pour notre traversée.
Dimanche 12
J’ai changé le fil et le point est devenu impeccable, je me suis attelée à mon travail toute la journée. Ce soir, tout est assemblé, cousu.
Lundi 13
Dernière étape de mon travail, je passe le pinceau imbibé de silicone mélangé à du white-spirit sur les coutures pour l’étanchéité des doubles toits des tentes de nos hamacs.
C’est la 1ère très belle journée calme et ensoleillée depuis que nous sommes dans cette rade.
Passage d’Olivier, ils partent aussi vite qu’ils sont arrivés. J’avais pourtant concocté pour eux à leur demande une bonne séance d’apnée sur mesure. Tant pis pour eux, et pour moi !
Eux, le père et son fils de 14 ans ; je les ai vu descendre vers 10 mètres et savais quel éléments leur apporter. En fait, les seuls jusqu’à présent à m’avoir demandé un cours. Je me heurte presque toujours à un énorme apriori de soi « je ne tiens que 10 secondes et en plus, j’ai mal aux oreilles » Des faits dus à la méconnaissance du milieu. Je sais que j’ouvre une porte de curiosité quand j’en parle, mais si peu franchissent le pas de l’essaie…
Mardi 14
Après tous ces jours de préparation, puisque le matériel est prêt, reste à tout mettre dans les sacs à dos, regrouper un peu d’intendance et hop, nous jetons nos kayaks à l’eau, mettons tout notre matériel dans le cockpit de nos kayaks ; nous nous jetons nous mêmes à l’eau, y attachons nos kayaks à la ceinture et rejoignons le rivage. Puis c’est à qui nagera un aller-retour pour remonter les kayaks à bord ! (Veit revendiquera son tour !)
LE WAITUCUBULI NATIONAL PARK -PREMIERE PARTIE-
1er départ pour le W.N.T. c.à.d. le WAITUCUBULI NATIONAL PARK
… nous nageons jusqu’au rivage. C’est là que commence pour nous le trek sur l’itinéraire du « Waïtukubuli National Trail ». (Ce nom si compliqué pour nous est le nom donné à cette ile par ses premiers habitants, les indiens Carib)
La 1ère section est un petit passage en mangrove, puis nous rejoignons le front de mer de la baie voisine de Douglas. Une
petite route raide parsemée d’habitations simples et toujours coquettes, aux couleurs vives, nous mène vers la pointe nord. Les plus grosses villas fort peu de charme, mais orchidées et épiphytes, véritables jardins suspendus colonisant les grands arbres.
Le Cap Nord : Nous sommes 200 m. à pic au dessus de l’océan. Notre regard vers l’est ne rencontre que des falaises vertes et abruptes.
De là, plus de route, mais un sentier dense, sombre. La lumière du jour n’aide plus trop, une lumière dorée atteint parfois les troncs des arbres venant comme d’en dessous. Il est urgent de trouver de l’eau et une place pour dormir.
Un bruit : la rivière ? ou le vent ? ou la mer ? … oui, de l’eau… Reste à trouver 4 arbres pour deux hamacs. Nous les trouvons au travers d’un sentier sur quelques mètres de terrain plat.
2 ème jour
6 h 30 1er regard. Une lumière verte inonde toute la forêt
7 h Le policier accompagné de sa mule et de ses deux chiens se rend à son jardin… -entendons jardin par culture, champ, mais je trouve beaucoup de poésie, de sens, dans ce moi jardin ainsi utilisé-
8 h Nous sommes en marche sur la crête, ses flancs, ses détours, ses ravins, cheminons vers l’est dans cette végétation où tout arbre est sculpture…
10 h De l’eau ! Arrêt à la rivière. Nous buvons aussi de l’eau de coco que Veit vient d’ouvrir et en récupérons la chair. Nous sommes assis sous les cacaoyers d’une vieille plantation qui croulent sous leurs vieux fruits toujours bien accrochés.
11 h Des quelques champs d’ignames et bananes le long du chemin sur des pentes inconcevables, le terrain maintenant s’adoucit et les cultures se répandent davantage… le signe ne trompe pas, la route n’est pas loin… Nous atteignons une petite route de campagne en béton…un peu comme si on avait construit une route dans Mafate, fortement creusée au milieu par le torrent des pluies, desservant les habitations propres et rustiques.
Plus loin, un plus grand village
Nous rejoignons la côte, déjeunons tout près de la mer
Autre village, épicerie, et beaucoup plus
Autre section de sentier pour retourner vers l’ouest - col à 480 m puis forêt de fougères arborescentes au sentier aussi raide que droit !
- au détour d’une clairière, un tulipier du Gabon majestueux
- autre petite route -cochons, bananes et citrons. Puis sentier, rivière -bagnan- eau et bivouac plus haut sur le sentier !
3eme jour
l’ancien chemin de fer pour le débardage
Les bagnans énormes
La rivière qui nous ramène à Porthsmouth
SORTIE APNEE
Samedi 18
Sortie apnée au saut du lit au saut du bateau - les conditions sont idéales de bon matin, de préférence avant même d’avoir pu suggérer l’idée d’un petit déjeuner (dur sacrifice de mon repas principal !)… Nous allons sous les piliers du quai qui accueille les ferries … L’ambiance est toujours un peu curieuse autour de cette petite forêt de tours de béton sous marines, certaines aux airs bien penchées, défiant une certaine gravité, toutes largement colonisées. Une jolie lumière se pose sur les coraux qui y poussent comme sur la jeune faune de petite taille qui y habite. Un barracuda est de passage. Presque au même moment un créole nous appelle au secours ! Nous comprenons vite qu’il n’y a rien de grave, mais moins vite qu’il voudrait simplement que nous lui récupérions sa flèche, ayant tiré dans le bleu vers le barracuda manqué… Lui, avait observé nos apnées profondes pendant que nous observions sa dextérité à harponner les poissons de friture « Tout fait nombre dit l’homme voyant son butin »… En tirant vers le bleu, le large, il a laissé échapper sa flèche qui est retombée bien plus bas sur le tombant, et donc hors de sa portée car ici, en quelques mètres à l’horizontale, le fond s’éloigne au moins d’autant en profondeur. Il était heureux de retrouver son matériel, et c’était pour nous l’occasion d’une rencontre sympathique derrière nos masques avec Cécile.
EXPEDITION KAYAK
Dimanche 19
La météo en panne de vent nous suggère fortement de profiter de ce calme pour prendre nos kayaks au lieu des vélos pour aller à la rencontre de notre ami Francis qui devrait être au mouillage de Méro, au centre de l’île, côte ouest … Tel est donc notre motif de voyage et tel est notre choix de transport pour y aller.
Il nous faut la matinée pour regrouper tout le matériel pour notre nouvelle expédition : tout pour l’apnée ; tout pour les bivouacs et l’intendance, tente, réchaud, casserole… et l’avitaillement largement pourvu en denrées fraîches cette fois-ci puisqu’avec les kayaks, le poids n’est pas une restriction aussi draconienne qu’avec un sac à dos !
Midi, c’est parti. Toujours un peu de vent dans cette baie de Portsmouth, (c'est-à-dire que la mer est blanche) nous préférons longer la côte. Je croise dans les flots un gros poisson mort à l’hameçon mais il a cassé le fil. C’est une grosse bête de 80 cm type « carpe rouge »… mais son œil n’est plus clair…pêchée hier peut-être, elle est définitivement perdue pour les hommes. Dommage. Nous nous arrêtons au détour d’un rocher sur une plage ’déserte’ idylliques. L’abrupte de ses falaises la protège de tout accès terrestre… Le vert de la transparence. La douceur du cadre. Le calme de l’abri.
Nous poursuivons. Nous voyons défiler quelques villages. Deux heures plus tard, autre arrêt pour ravitailler les muscles au travail… à l’embouchure d’une petite rivière sèche à la végétation brute pour être sans accès côtier elle aussi.
Deux autres heures. Le prochain cap n’est pas loin, mais juste avant, voilà une grotte immense, creusée dans la falaise presque les pieds dans l’eau outre un petit cordon de galets. Nous pouvons y hisser les kayaks et dormir à l’abri des grains. Tout cela semble parfait. Veit marche jusqu’à la plage pour demander en vrai naufragé où il est arrivé? Nous réalisons à la réponse que nous avons longé 1/3 de la côte ouest de l’île aujourd’hui. Veit saute à l’eau, je prépare le camp et le feu.
2ème jour
Une heure pour rejoindre Méro mais l’ami n’est pas là… par contre un seul voilier au mouillage. En nous ravitaillant en eau, nous rencontrons le couple de navigateurs. La jeune femme nous reconnait : nous nous étions rencontrés le jour où nous passions les ponts de l’étang de Taud ver la Mer, ces ponts, comme un sésame vers nos prochaines aventures. .. Nous nous quittons pour poursuivre vers Roseau toujours dans l’espoir d’y rencontrer peut-être Francis puisque nous avons toute la journée. Passé la pointe de St Joseph, les conditions ne sont plus très sympathiques, un peu de vent, petite houle qui perturbe le rythme de la pagaye. Elle écarte de 90°la pointe du kayak de sa route, le déviant toujours vers le large… c’est vraiment un bon kayak de mer mais sans dérive ni gouvernail, on doit lutter. Mais bientôt on aperçoit les monstres de Roseau. Les « Monstres » ? Oui, ces paquebots modernes, immenses immeubles flottants qui multiplient par cent le nombre des lits touristiques de la ville. Les apercevoir est une chose, nous avons encore une bonne distance à parcourir car cette dernière baie est très large et profonde.
Nouvel arrêt après l’aéroport pour reprendre des forces. Encore 1 heure de pagaie et nous passons comme des fourmis au pied de ces paquebots qui déversent pour la journée leur cargaison (jusqu’à 4000 personnes) dans ce si petit pays vendu pour ses sites idylliques, cascades et sources chaudes… Nous entrons dans la baie au sud de Roseau, la capitale. Là, nous trouvons le voilier de Francis, à l’ancre et inhabité. Qu’importe, je n’ai qu’une envie : la profondeur et la limpidité de l’eau me fascinent, je veux m’y enfoncer. Francis arrive, super ! Nous nous retrouvons et le programme ne change en rien, nous nous jetons tous les trois à l’eau. Ici le mouillage est directement sur un tombant et pour la première fois nous trouvons une jolie concentration de poissons de bonne taille, dont un barracuda qui y fait sa ronde. Tous restent profonds, craintifs et nous n’avons pas retrouvé l’entrainement réunionnais pour les rejoindre et les attendre tranquillement au fond. Veit ouvre quand même la chasse avec le premier rouget de la saison.
Puis nous partons pour un « Roseau by night » rencontrer un couple de marins susceptibles de nous apporter des informations sur l’île… des marcheurs aussi…
Nous nous sommes rencontrés dans un joli petit hôtel. C’est cet hôtel qui nous fournit notre meilleur document, enfin une carte de l’île.
Retour, il est 10 h, l’estomac dans les talons; les trottoirs quand ils existent, sont étroits, un peu défoncés et peu éclairés. C’est de nouveau le carnaval; aujourd’hui et demain sont jours fériés avant le Mercredi des Cendres, mais cette partie de la ville est tranquille. Le carnaval en lui-même est peut-être une attraction pittoresque mais le bruit qui va avec et les basses à vous faire vibrer toutes les tripes à 110 lieues à la ronde me fait bien préférer notre grotte et ses petits cris de chauves souris ; enfin ici aussi c’est calme mais les voitures ne filent pas bien droit.
De retour au bateau, Francis doit cuisiner deux tournées de riz.je crois qu’à défaut d’essence dans le moteur, l’énergie pour propulser le kayak est : un grain de riz, un coup de pagaie, ce qui représente une petite montagne en fin de journée !
3eme jour
La météo nous promet une autre journée calme avant la recrudescence du vent crescendo jusqu’en fin de semaine. Nous décidons de profiter des bonnes conditions tant qu’elles se présentent en partant aujourd’hui.
A 10 h dans nos kayaks, l’eau est d’une clarté époustouflante. Nous pagayons sans penser à autre chose qu’à regarder ce bleu vert transparent qui nous porte au dessus du paysage marin. Plus loin, frégates et pélicans se disputent farouchement la pêche de l’un d’eux (frégates à tête blanche, d’autres noires à gosier rouge)
La traversée un peu redoutée de la grande baie se passe très bien. Nous repassons nous ravitailler en eau à Mero et buvons un thé sur « l’Alchimiste » (ketch en acier, jaune et noir) avant de rejoindre notre grotte. 3 h 30 de pagaie effective ce jour : dans ce sens, 1 h. de moins qu’à l’aller.
Veit prend le temps d’une sieste et moi d’un dessin. Les contrastes au loin, le calme au près me fascinent mais c’est finalement un moment que je capture plus pour moi que sur le papier. Le soleil tombe dans un orange sur gris d’or.
4 me jour au matin
Nous attendons pour nous lever de voir le soleil pointer de l’autre côté de la baie. Alors c’est le moment ; nous sautons dans nos vêtements néoprène et nous nous jetons à l’eau, cette eau éclatante de transparence. Le soleil ne va plus tarder à passer au dessus de la falaise pour nous révéler les couleurs des fonds. Au-delà des rochers d’éboulis, du sable. Je remarque comme à Roseau ces petits bâtonnets noirs et souples dressés sur le fond sableux. Ma première apnée est pour aller voir leur réaction. Je pars pour un survol en rase-motte au dessus de ce fond et au fur et à mesure que j’avance, toute cette petite forêt disparait devant moi. Comme des périscopes, tous se rétractent discrètement, doucement, sans bruit, sans affolement, laissant pour mon passage un sable désert. Ces êtres doivent être sensibles aux moindres variations de pressions. Au cours des autres apnées au dessus d’un jardin de corail, petit mais très coloré, j’y fait d’autres rencontres dont une tortue, puis deux raies aigle et léopard… un poisson coffre, bien ballot dans sa façon de se mouvoir ; et un autre, que je ne sais pas classer : la souplesse du mérou, mais une toute petite bouche ?
Sur ces quelques mètres carrés, nous y découvrons la vie dans un chatoiement de couleurs… Oui, nous qui savons descendre pour les observer de tout près. Le « Snorkeling » dans des fonds au-delà de 2 m. n’apporte plus rien de passionnant, si ce ne sont des formes dans un univers bleu-vert. Descendre n’est pourtant pas l’apanage de quelques initiés. Tout le monde le peut mais personne ne s’en croit la capacité. Il ne s’agit au départ que de quelques principes de base….
Retour à la plage pour un petit déjeuner fortifiant et plier le camp.
L’air s’agite ; le vent s’annonce par intermittence. Du trajet restant à parcourir, nous savons que les baies sont très peu creusées et les abris possibles fréquents… De plus, le vent, qui dévale les vallées et s’étale sur la mer retrouvée (l’île n’est pas bien large mais crée un bon venturi), même s’il est fort lorsque l’on a que ses bras pour lutter contre, il n’engendre ici aucune houle, qu’un clapot relatif à notre éloignement de la côte. Ceci dit, aujourd’hui les alizés sont faibles mais les couloirs de vent nous donnent déjà bien du contre. Dès que nous passons la Pointe Ronde, à nous d’affronter de nouveau Prince Rupert Bay, toute blanche, au fond de laquelle nous attend Moemoea, deux milles plus loin.
Seulement 3h40 de pagayée effectif. En dehors de l’entrainement des jours précédents, il doit surement y avoir des courants qui nous ont été favorables vers le nord. Nous avons l’après midi pour tout ranger, changer d’embarcation, cette fois-ci, de plus petit vers plus grand, des kayaks vers le ketch.
Vendredi 23 février
La journée est à la pluie… j’en suis ravie, ici, j’adore laver sous la pluie ! Donc je m’y mets avec entrain, d’autant que le soleil n’est jamais loin !
Course, dessin et lecture… les poissons de coraux… Tiens, poisson-savon, qu’est-ce ? C’est lui, mon drôle de mérou à petite gueule. En effet, c’est un poisson spécifique des Caraïbes de la famille du mérou ; notre belle « pièce » capturée de la veille est un vivaneau chien de l’Atlantique ouest. Quant à ces petits bâtonnets rétractiles, serait certainement un genre local d’hétérocongre.
Samedi 24 Février
Rafales furieuses
Dimanche 25
Ca se calme un peu
Mardi 27 VELO TOURING
Départ pour notre tour à vélo vers la côte Est
Nous nous retrouvons tout de suite dans les collines de verdure où partout la fougère arborescente côtoie le cocotier ; et virage après virage, montées et descentes se succèdent.
Pouf ! Tout d’un coup, c’est l’embouchure d’une rivière et le nez à nez avec l’Atlantique qui gronde et déferle. Nous découvrons une côte très découpée. Autant de doigts verts qui avancent dans la mer; autant de rivières qui débouchent sur de petites criques entre chaque cap où la vague s’engouffre jusqu’au fond en éclaboussures.
A vélo, nous montons sur les caps pour dévaler de l’autre côté vers une autre rivière, passer un pont, et remonter… dans une végétation exubérante où oiseaux et rivière sont de concert. Envoûtée, je m’arrête pour écouter.
Bientôt, nous débouchons sur le village de Calibichi. Arrêt déjeuner bananes.
-Y a-t-il un endroit où on peut acheter d’autres légumes ?
- Oui, en haut, il y a un supermarché.
Je pense d’abord à une bonne montée qui nous cache la partie principale du village, un « Calibichi les hauts » … En fait, « plus haut » veut dire « plus loin », à peine quelques centaines de mètres avant de sortir de « l’agglomération ». Nous y trouvons en effet de quoi compléter notre déjeuner. Nous y retrouvons surtout un canadien d’un certain âge, déjà rencontré à Portmouth sur sa bicyclette. Il loue ici une maison qu’il habite depuis plus de dix ans la moitié de l’année. Son logement n’est pour ainsi dire dédié qu’à la peinture - à l’huile - qui éclate de vie à travers l’imagination et la couleur, inspiré du monde tropical. Après sa visite, nous poursuivons la route, et Pchiiiiiii…. Veit crève. Il est 4 h 30, nous poussons nos bicyclettes sur une petite route transversale et pendant que Veit répare, je cherche un endroit pour dormir.
« Juste là » me dit un homme, sortant de sa maison et me conduisant un peu plus loin vers un bâtiment enfoui dans la végétation. « C’est l’école », me dit-il. Enfin « c’était »… Voilà donc, pas besoin de planter la tente pour ce soir. Comme la météo nous a promis de bonnes douches pour cette nuit et demain matin, l’aubaine est bonne que de dormir sous le hall. Dîner, Dormir, Ecouter la pluie. Oui, écouter la pluie, c’est vraiment quelque chose…
Nous repartons après la « dernière » averse…
2éme jour - La route nous emmène à buter contre la piste d’atterrissage de l’aéroport principal de l’île. Elle est perpendiculaire au rivage et fonce dans la montagne, ou plutôt, s’enfonce aussi loin que le fond de vallée le permet. La route passe sur une digue gagnée sur la mer qui sont autant de mètres de terre gagnés pour la piste. Nous, passant entre deux vagues, on évite la douche… Autre petit village, Marigot; une belle montée sèche. Je croise le regard d’un habitant et lui tire la langue. J’ai le temps de me reprendre de mon acte trop spontané quand je l’entends me répondre : « Slowly, no hurry «. Ouf, dans un autre pays, j’aurais pu risquer gros !
Et retour en bord de mer, nous y découvrons une toute jeune infrastructure portuaire où quelques petites barques de pêche y sont bien à l’abri. De quoi être à pied d’œuvre sur l’Atlantique dès que le temps le permet.
Puis une grande rivière, un pont, nous roulons maintenant en « territoire karibo »
(P. 20) Vendredi dernier était un jour très calme où beaucoup de bateaux ont quitté le mouillage. C’était une jolie journée de navigation, une fenêtre météo. Samedi soir le vent s’est mis à souffler dans la baie en fortes rafales. Dans la nuit, on les entend venir de loin, se préparer, gonfler, galoper et passer en sifflant et en bousculant les obstacles. Veit veille une bonne moitié de la nuit. Au réveil, nous le voyons ce vent, essayant de déplumer tous les cocotiers. Nous ne sommes pas à 500 m du rivage, pourtant la mer est blanche, aux lames courtes et denses. Les rafales se succèdent sans répit. Le répit viendra plus tard. Pour le moment ce sont-elles qui parlent, qui passent, qui chantent, qui dansent… Bref, elles remplissent tout l’espace pendant que moi, je retiens mon souffle jusqu’à ce qu’elles passent. Passées, et il ne s’est rien passé. Non, je suis simplement impressionnée… Mais si, il se passe quelque chose : des trompes, des klaxons, des cornes de brume. A mieux regarder autour de nous un catamaran à la dérive nous fonce dessus, enfin presque, et passe maintenant derrière nous, évite aussi notre voisin et va s’échouer un peu plus loin. Aucun rouleau sur le rivage donc rien de grave, mais, oui, c’est impressionnant. Le répit vient dans l’après midi, oscillant entre calme plat et rafales brutales. Puis la nuit a été calme, nous avons longuement dormi !
W.N. TRAIL Second départ
Mardi 6
Midi, c’est reparti à pied, les sacs à terre, les kayaks à bord.
Au bout d’une heure, sous un petit kiosque construit pour inciter à la halte, ayant déjà pris de l’altitude, nous avons vue sur toute notre baie, et aux jumelles, toujours sur notre voilier (un point plus noir que jaune d’ici ). De là, nous nous enfonçons dans la forêt. Nous rencontrons des officiels du WNT visitant leur pont suspendu nouvellement posé par les ouvriers, jeté au dessus d’une rivière permettant d’arriver directement, près de la route, à un autre domaine d’agriculture de bananes, pamplemousses, oranges.
« Des pamplemousses, vous en trouverez plein plus haut, laissez donc celui là » (pris par terre, donc pas assez bon selon lui) nous dit le cultivateur… Plus haut…C’est en fait deux bonnes heures plus haut que nous retrouvons une terre cultivée au domaine du même nom. Là, un gros tracteur y finit ses jours, dévoré par la végétation et la rouille donne au lieu une impression d’abandon total. D’ici commence pour nous une magnifique avenue verte, large, de terre, abandonnée de tout trafic à roue depuis assurément un certain temps. Elle est bordée d’arbres immenses. La haut, nous entendons les perroquets, mais la chance d’en voir un me semble bien réduite à zéro : nous sommes sous la canopée que nous estimeront à quelque 50 m. au dessus de nos têtes. .. L’allée est longue, nous marchons une bonne heure sur ce chemin, plat, comme une ouverture entre deux murs végétaux. Débouchons au lieu dit Syndicate.
Ici, une petite route y arrive, et un bâtiment récemment construit pour la Conservation de la Nature et des Perroquets. Il est fermé, sans activité apparente actuelle. A sa proximité, un parcours découverte y a été aménagé. Nous l’empruntons.
La concentration d’arbres majestueux vaut le détour, certains sont étiquetés de leur nom local et scientifique…Il n’y a que le fût et l’écorce pour les identifier, les feuilles sont bien trop hautes, et déjà entremêlées aux autres pour tenter d’en discerner leur forme ! Tous les noms locaux sont curieusement du créole français commençant par « Bwa » soit « bois » Diab… Bwa bandé… Bwa blan…
« Point de vue » nous indique un écriteau … au milieu de cette forêt si haute qui nous englouti complètement ??? Nous arrivons en effet sur une crête en bordure du plateau, donnant sur une vallée tapissée de forêt. Nous débouchons donc tout d’un coup au dessus de la canopée ! Une vision d’une forêt de vert aussi surprenante qu’inespérée. Et là, j’aperçois deux rayons verts traversant cette vallée : le soleil rasant se pose sur leurs dos vert fluo. Et deux autres ! Ce que je croyais impossible tout à l’heure est réalisé, nous avons vu les perroquets en pleine forêt.
Dans la pénombre, nous rejoignons le jeune bâtiment, battu par le vent, mais la terrasse nous offre un bon toit pour la nuit. Quelle chance : ce sont les Chutes d’Iguazu qui se sont abattues sur le toit cette nuit !
2 ème jour -
Avant 8 heures nous sommes en chemin (section10 du WNT) sur une petite route de montagne bordée de plantations et jardins (le champ d’un particulier et non d’une exploitation) avec toujours un petit abri sous lequel se coincer quand vient la pluie, et un pamplemousse sur le chemin, à manger en marchant ou à la pause... 10h30, un kiosque, fin de cette section, début de la section 9. Comme nous suivons le trajet de ce trek à « l’envers », du Nord au Sud, alors qu’il a été établi pour être parcouru du sud au nord, nous avons parfois des problèmes d’itinéraire à la croisée des chemins en terrain civilisé, mal ou non indiqués de notre côté… Veit démarre déjà pendant que je termine mon pamplemousse, boucle mon sac et pars à mon tour.
Au hasard du regard qui se promène, je remarque les couleurs du trail sur un arbre. Je quitte la route et emprunte le sentier d’agriculteur sous les bananiers, boueux et glissant qui monte assez raide. Veit n’est pas en vue mais il a sûrement dû remarquer… au-delà des cultures, nous sommes ici dans une zone de forêt très haute et peu dense au sol. Le sentier arrive sur une crête, descend de l’autre côté, suffisamment raide pour qu’une corde fixe locale y soit installée (un brin peu épais mais un brin quand même.) Je lui préfère les racines pour m’assurer. En bas, un grand kiosque sur pilotis. Veit ne m’y a pas attendu. Je continue, traverse la rivière, remonte de l’autre côté, terrain gras au moins aussi raide.
Pendant la remontée, j’entends Veit crier un ’Hoo’ bref et sonore dans lequel on vide d’un coup ses poumons, cri qu’il m’avait appris pour s’entendre en canyon au delà du bruit de l’eau. Je réponds de même. Mais où est-il ? Devant, derrière ? Arrivée en haut, je crie à nouveau, sans réponse. Je poursuis… jusqu’à rencontrer un de ces bancs installé à des endroits plus o moins incongrus le long du parcours (je veux dire là où on ne s’y attend pas !). En fait, ici, il y a bifurcation, suit vers le lac Kachibora, ou poursuivre l’itinéraire. Veit n’est pas là, donc je m’installe sur le banc. Je ne tarde pas à entendre, au milieu des chants de la forêt le bruit sec d’une branche écrasée. Nous voilà ensemble pour prendre la décision « lac ou pas lac ? » sans aucune information sur la distance supplémentaire et avec nos 4 jours de nourriture sur le dos, nous savons que nous avons encore devant nous un bon chemin à faire… alors nous décidons de poursuivre sans détour…Dommage, plus loin nous trouvons un sentier qui revient de ce lac.
Nos poursuivons notre chemin dans cette forêt escarpée. Nous passons une crête pour descendre droit dans son cours d’eau, boire du creux de la main, le traverser, et remonter tout aussi droit. Ici, on marche à quatre pattes mais pas besoin de bâtons, ils sont déjà tous en place, bien plantés, eux aussi, droits comme des « I » parce que la lumière est loin... Entre les troncs et les racines, il y a bien de quoi se retenir à la descente, s’accrocher à la montée, mais il ne faut pas se ‘planter’ ! L’endroit est toujours humide et la boue n’est que glissade. Par chance, cette petite Amazonie verticale ne recèle ni mauvais insectes, ni épines, si bien que l’on n’a aucun besoin d’examiner d’avance le tronc ou la racine que l’on va prendre à pleine main. Ils sont sures, même dans l’urgence, la seule chose : qu’ils ne soient pas pourris !
Si j’avais su que l’itinéraire serait tel, « tout droit » d’une crête à l’autre, j’aurais compté le nombre des ravines traversées. Il ne pleut plus depuis longtemps, mais à me voir, il serait à croire que je me serais immergée toute habillée dans le ruisseau de la dernière ravine !
Je suis ravie de retrouver ici le style des sentiers ’marron’ de La Réunion. J’y adorais les échappatoires de canyons. Ici, je m’y retrouve complètement, j’aime ce terrain, Veit aussi. Mais ici, pas d’hélicoptère. Ne pas se planter. C’est la section réputée la plus sauvage du trail, à garder absolument tel quel !
A la sortie d’une ravine, un kiosque du WNT, une terre cultivée, avant de replonger vers les ravines suivantes… Un chien aboie… au dessus, bientôt d’autres cultures. En effet, nous passons la crête et nous retrouvons cette fois ci dans une plantation de bananes, avec sin petit abri de stockage et des bacs de récupération d’eau de pluie autour (pleins). Voilà donc notre refuge pour cette nuit. Nous sommes juste à l’abri quelques mètres en dessous de la crête. Cette nuit, sur la crête, le vent souffle de façon très impressionnante, les arbres se tordent en sifflant…
Et comment va notre Moemoea à l’ancre ?
Troisième jour
Sommes partis depuis quelques heures, sois la pluie, les ponchos mis.
Nous sommes au sommet de ‘Mosquito Mountain’ nous indique un panneau ( car nous évoluons dans le brouillard, conscients d’avancer sur une crête depuis un moment ). De ce point, nous basculons donc côté est de l’île. Demain, nous serons à la mer ! Pour cela, entamons la descente, toujours sur notre crête jusqu’à ce que celle-ci s’affaisse en un plateau où nous retrouvons la fascination mais aussi un peu l’écrasement de la forêt aux arbres immenses. Fûts majestueux ficelés, emballés, phagocytés par ‘l’ambaivo’ l’arbre étrangleur. La suite n’est qu’une issue. Vent et brouillard ne nous incitent pas à la pause. L’étape étant donnée en 6 heures, nous ne devrions pas tarder à arriver quelque part...
Le terrain permet d’allonger le pas, nous traversons quatre larges rivières d’affilée profitant de l’une d’elles pour se baigner (cette eau douce si précieuse et si rare sur un bateau) et poursuivons. Nous entendons la haut, dans la canopée, rire les perroquets, ils s’amusent bien en nous regardant passer, de notre incapacité de voler, à être cloués au sol et devoir passer les obstacles, sur ou sous les troncs, dans la boue, dans l’eau, dans la rivière. Oh, oui, vous riez bien, vous qui êtes chez vous là haut!
Ah ! Et ici, tout autour du cresson, plein de cresson, et des crabes d’eau douce d’un beau jaune au milieu du vert, et de fort belle envergure toutes pinces déployées. Je cueille une belle poignée de salade, mais il nous faut continuer, le jour décline et nous espérons bien arriver quelque part. En effet, voici ’la fin’ et donc en sens inverse ’le début’ de la section 8 avec son panneau de présentation indiquant non 6 mais 9 heures de marche effective. Qu’importe, nous voilà à temps, retrouvons les champs de bananes et d’agrumes et les quelques toits de tôle le long du chemin avec leurs becs collecteurs d’eau. En arrivant tard, repartant avec le jour, en ayant soin de ne laisser aucune trace de notre passage, nous nous autorisons à emprunter un toit pour la nuit, histoire d’être surs de la passer au sec. Reste à sortir le réchaud… polenta ou couscous ? Ou bien couscous ou polenta (les 2 céréales les plus rapides à cuire au meilleur rapport quantité/poids)?
Quatrième jour
La section 7, à travers les cultures, nous amène à la mer. Au milieu des pamplemousses et des oranges, nous rencontrons le propriétaire des lieux. Il a aujourd’hui plus de 80 ans. Il était géologue de sa profession. Dans une étude des minéraux exploitables dans l’île, en association avec les australiens, ils sont tombés sur un gisement très intéressant de cuivre. Pourtant, le gouvernement n’en a pas voulu, ayant peur des effets secondaires tels qu’effondrement de la montagne. Aujourd’hui celui-ci a choisi pour industrie l’éco-tourisme; ce trail en étant un produit. Nous demandons pourquoi cette tour sur le terrain ? « Pour l’observation des perroquets… mais, tour ou pas, revenez ici en décembre, ils seront partout sur les arbres, ils adorent les fruits, ravageant la cultute, un seul coup de bec et le fruit est foutu ! »
Arrivés à la mer, la chaleur « du bas » m’assomme, et mon pied me fait clopiner. A mieux regarder, ma chaussure est ouverte sur l’externe avant et le petit doigt prend tous les chocs…Ah, si ce n’est que ça ! J’y coince une grosse peau de pamplemousse dans ma chaussette et me voilà bien protégée, en tout cas, l’expérience a voulu que ça marche bien au-delà de mes espérances !
Donc nous pouvons continuer, pas de retour précipité au bateau.
Nous rentrons à nouveau en territoire Caribe, passons par le village artisanal. Travail original des calebasses, noix de coco; travail fin et coloré de vannerie. Dommage, une bonne section sur route avant de la quitter pour enfin se rapprocher des criques découpées du bord de mer.
Nous nous installons pour la nuit un peu loin des habitations, dans nos hamacs, accrochés à ce point de vue surplombant la houle de l’Atlantique. Le ronflement de la mer élimine tous les autres bruits habituels de la forêt que l’on retrouve 50 m plus loin à l’intérieur du bois ; tous ces bruits qui sont comme des scintillements sonores dans la nuit, se taisent quand vient la pluie, reprennent tout de suite après… mais ce soir, ni pluie ni bruit autre que le roulement de la mer.
Des photos dès que la connection le permettra !
... et ces qqs mots pour arrêter la pub sur lr site...
A bientôt, on sepère
S et V