Heureusement, je ne me suis plus coincée a nouveau le dos, donc voilà que je n’ai plus rien écrit depuis très longtemps… Mais ce n’est pas la seule raison !
L’entrée en scène d’un « petit frère » m’a beaucoup perturbée.
Nous avons été séduits par les qualités de navigation d’un autre bateau en acier et en avons fait l’acquisition en avril de l'an dernier, sachant que, quoi que nous fassions, nous ne pourrions obtenir cette qualité de navigation et liberté de manœuvre avec notre Moemoea.
Mais je n’ai rien écrit toute cette année car j’ai eu beaucoup de mal à accepter cette transition. Nous étions en pleine restauration, modifications et améliorations -un chantier de 6 mois, tout notre temps en Martinique- dans l’idée de poursuivre ensemble avec Moe; Veit était en train de réinventer un cockpit à ma mesure, et de construire enfin la cabine arrière dont il parlait depuis huit ans !… la cuisine aussi est devenue très commode, et j’y étais, dedans, en pleine menuiserie... lorsque Jirishanka s’est présenté.
L’accord de vente venait d’être conclu et nous retournions vers notre bon vieux Moe … Lorsque j’ai touché le bastingage pour monter à son bord, comme d’habitude, comme si de rien n’était, Moe m’a électrisé et j’ai éclaté en sanglots. Il m’a lancé « Tu m’a trahi ! » »Tu t’occupais bien de moi et tu m’abandonne !! » Un éclair de déchirement m’a traversé.
Il n'était pas question de quitter notre Moe comme ça, mais il fallait y mettre les bouchées doubles pour finir le chantier à temps avant de repartir dans les Alpes; mais nous n’en profiterions pas, et j’ai eu beaucoup de mal à l’accepter… Ce qui m’a fait écrire :
« Mieux vaut aimer faire
Que le résultat de son fait
Car celui-ci à un moment ou un autre
Il faudra s’en défaire
Alors que le plaisir de faire
Est à jamais acquis »
Mais ça, c'était plus vrai pour Veit que pour moi.
Mais avec le temps je m’en détache peu à peu, en insistant à faire parler la raison; il ne correspond plus tant à nos projets : Moe avec qui on emmène tout notre déménagement pour aller se poser quelque part… en fait, on ne veut toujours pas se poser , mais le goût de la navigation a piqué Veit, et moi, je n’ai pas encore trouvé mon corail… Donc nous avons maintenant un voilier moins agréable à habiter mais mieux équipé à la manœuvre.
J’ai promis à Moe qu’on ne l’abandonnerait pas, qu’on l’aiderait à se choisir d’autres propriétaires.
Un jour, Stéphanie m’a appelée, on ne se connaissait pas, mais elle avait vu Moemoea sur la toile, elle était ferme dans sa décision d’achat.
Depuis, chaque fois que nous communiquions, l’enthousiasme de Stéphanie me remplissait de joie sachant que Moemoea continuera à vivre à travers eux:
La course, la course, jusqu’à l'arrivée de la nouvelle famille pour arriver à "tout" faire, tout déménager, ranger et arranger, sur les deux bateaux...Trois heures avant leur arrivée, nous nous assayons dans le salon de Moe pour un dernier maté ensemble. Hier encore je ne croyais pas que nous serions prêts pour ce soir !
On vous passe la suite, Stephanie et Michael, en vous souhaitant BON VENT !!!